En 2024, l’auteur a pu initier sa conjointe à la chasse à l’orignal dans la réserve faunique des Laurentides.
ORIGNAL
Par Louis Turbide
Photos et vidéos : François Lévesque et Louis Turbide
Orignal en réserve faunique :
La plus belle école pour initier un proche
Comme c’est le cas à chaque année, je profite de la pause du temps des fêtes pour m’inscrire au tirage au sort de la Sépaq en espérant avoir la chance de me voir attribuer un séjour à l’orignal. Bien que je chasse à mon chalet en Mauricie depuis une dizaine d’années lorsque je peux mettre la main sur un forfait de chasse en réserve faunique je n’hésite pas un seul instant et je me lance! Pour moi, la qualité de chasse à l’orignal qu’on retrouve dans les réserves fauniques est unique et ce type de territoire représente la plus belle école pour progresser en tant que chasseur ou pour initier quelqu’un.
C’est dans cet optique qu’en décembre 2023 j’ai analysé tous les forfaits qui pouvaient m’intéresser et j’ai envoyé une quinzaine d’applications. L’offre est tellement variée qu’il faut prendre le temps d’étudier le tout et de miser sur plusieurs réserves fauniques si on veut sortir gagnant. De plus, si on a appliqué par exemple dans la réserve de Rimouski et qu’on est sorti sur la liste d’attente, on peut se faire appeler malgré tout d’où l’importance d’appliquer dans plusieurs réserves fauniques et espérer à tout le moins d’être sur une liste d’attente. Bon an mal an, il reste toujours des séjours disponibles après l’appel aux gagnants car un groupe de 4 chasseurs peut par exemple sortir gagnant 2 fois (2 membres du groupe ont gagné chacun un séjour) et ils doivent faire un choix ce qui en libère un. C’est ce qui m’est arrivé l’an dernier alors que j’étais sorti 29e sur la liste d’attente à Rimouski. Puisque j’avais déjà réservé un voyage dans la réserve faunique des Laurentides où j’étais sorti gagnant, j’ai décliné l’offre même si j’ai hésité longuement.
J’adore la période de la sortie des résultats des tirages au sort de la Sépaq. C’est la journée de l’année où je consulte le plus ma boîte de courriels en attente des fameux résultats. C’est un véritable happening que des milliers de chasseurs vivent chacun devant leur ordinateur ou téléphone intelligent et qui partagent leurs résultats au fur et à mesure qu’ils les reçoivent. Dès que les premiers participants commencent à recevoir leur résultat, c’est la frénésie et on assiste au festival des questions qui déferlent sur les réseaux sociaux. Chacun veut profiter de l’occasion pour aller chercher le maximum d’information sur la destination qui leur est offerte. J’adore ça et je participe comme tout le monde bien entendu!
UNE FOULE DE SERVICES GRATUITS LORS D’UN SÉJOUR · Traineaux de transport · Treuils portatifs · Chambres froides · Potences, palans à chaine et jambiers · Conducteurs de chien de sang (le service est disponible selon la disponibilité du moment) · Outils cartographiques de pointe (application mobile Avenza Maps et cartes papier).
C’est en juin que l’équipe de 100% CHASSE PÊCHE a pris la direction de la réserve faunique des Laurentides pour faire la prospection de leur zone de chasse.
Après la sortie des résultats, il se passe une dizaine de jours avant qu’un préposé de la Sépaq communique avec les gagnants pour effectuer les réservations. Pendant ce laps de temps, il est très important de faire ses devoirs et d’analyser les statistiques de récoltes et observations de bêtes des zones qui vous intéressent. Personnellement je peux passer des heures à analyser les statistiques de chacune des zones pour lesquelles j’ai de l’intérêt. De plus, j’en profite pour évaluer le territoire en analysant les cartes de chacune des zones disponibles sur le site des réserves fauniques. Enfin, je cherche à obtenir de l’information de gens ayant déjà chassé ces zones dans le passé. Pour cela, un message sur les réseaux sociaux finit toujours par donner d’excellents résultats. Comme vous le constatez, j’essaye de ne rien laisser au hasard. Cela ne garantit aucunement le succès mais ça améliore vos chances de chasser un territoire à la hauteur de vos attentes.
VIVE LA RELÈVE • Il est possible d’ajouter gratuitement un jeune chasseur (12 à 17 ans, ou étudiant de 18 à 24 ans, détenteur d’un certificat du chasseur) à un groupe de chasse à l’orignal déjà constitué. Un groupe double peut accueillir deux jeunes chasseurs. À ne pas confondre avec forfait Chasse familiale.
Vos devoirs sont faits et vous savez quand les préposés de la Sépaq débuteront les appels aux gagnants. À partir de ce moment, vous devez absolument suivre l’avancée des appels sur le site de la Sépaq. C’est votre responsabilité d’être rejoignable lorsque votre tour viendra! Avant cette fameuse journée, je vous suggère fortement d’avoir identifié entre 5 et 10 zones qui vous intéressent et de les mettre en ordre de priorité. Faites la même chose pour les dates des séjours de chasse. Plus vous serez prêt, meilleur sera votre choix car tout va très vite lorsque le téléphone sonne enfin. Je dois lever mon chapeau à la Sépaq car on peut suivre en direct l’avancée des réservations et ainsi éliminer les séjours et zones qui ne sont plus disponibles.
BIENVENUE AUX ACCOMPAGNATEURS NON-CHASSEURS • La Sépaq vous permet d’inviter gratuitement parents et amis, qui profiteront des installations ainsi que d’un contact privilégié avec la nature et la chasse (en plan européen seulement, selon la capacité d’hébergement).
Réserve faunique des Laurentides
Ainsi en 2024, puisque j’étais sorti gagnant dans la réserve faunique des Laurentides, mon choix s’est arrêté sur la zone 83 pour la période du 15 au 20 septembre. Un séjour en chalet dans une zone de 96,26 km2. Pour l’occasion, j’avais décidé d’initier ma conjointe Line à la chasse à l’orignal. Bien qu’elle m’ait accompagné à l’occasion pour un week-end, j’avais décidé que ce séjour lui serait dédié et que je ferais tout en mon pouvoir pour lui faire récolter son 1er orignal. Pour ce faire j’avais convaincu mon ami Mario de nous accompagner pour vivre ce moment avec nous. Ayant plusieurs orignaux derrière la cravate et étant heureux d’avoir la chance de voir Line récolter son 1er orignal, c’est avec joie qu’il a accepté mon invitation. Comme je voulais immortaliser ce moment de façon professionnelle, j’avais convaincu aussi mon ami François de se greffer au groupe à titre de caméraman! Tout était maintenant en place et tout ce beau monde avait hâte au printemps pour aller visiter ce territoire fort prometteur. Entre temps, j’avais rencontré le guide de chasse Dan Lavoie et je lui avais demandé de faire une analyse de mon territoire et de me pointer les sites les plus prometteurs en prévision de la saison de chasse. C’est un service que plusieurs guides offrent et cela accélère grandement le travail lors de la prospection printanière ou directement pendant la chasse.
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Quelques salines avec les produits Import Export Fourrure ont été effectuées au printemps 2024 (A) et les orignaux n’ont pas manqué de les visiter (B).
Ce n’est pas une obligation d’aller visiter son territoire en réserve faunique mais cette fois-là, je ne voulais rien laisser au hasard. J’étais en feu! Il est intéressant de savoir que la Sépaq offre un rabais de 25% au groupe de chasseurs qui désirent louer un chalet pour aller visiter leur zone et en profiter pour pêcher. Ainsi, au cours du mois de juin, nous sommes allés marcher les sites les plus prometteurs et nous avons fait des salines avec les produits Import Export Fourrure! Avec ce que nous avions vu, cela augurait très bien! Rendu au début septembre, je suis même retourné question d’aller récupérer les cartes sd de mes caméras et comme prévu, l’orignal était bien présent sur le territoire et les secteurs visés étaient fort achalandés! Il ne restait qu’à patienter jusqu’au 15 septembre!
Que la chasse débute!
C’est donc avec une certaine fébrilité que tout le groupe s’est donné rendez-vous à Baie-St-Paul, question de se suivre pour le reste du parcours nous menant à notre chalet situé au secteur Myrika. Quand on arrive à l’accueil, on s’empresse de savoir si le groupe qui nous a précédé a récolté et la réponse est affirmative! Un beau buck de plus de 40 pouces de panache! Cela vient seulement confirmer le potentiel de cette zone et c’est avec empressement qu’on se rend directement dans notre zone car la journée de notre arrivée dans la réserve faunique des Laurentides, nous avons le droit de chasser! Rendu dans la zone, je n’ai qu’une idée en tête soit me rendre à l’endroit que je juge le plus prometteur et où j’avais installé une caméra. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une souille fraîche à quelques mètres de là. En visionnant les photos captées par la caméra je découvre un beau buck qui frise les 50 pouces de panache! Que demander de plus! Puisqu’il est assez tard et qu’on a fait pas mal de bruit en se rendant à ce site, on décide de retourner au chalet et de patienter jusqu’au lendemain matin, question d’attaquer ce buck en mettant toutes les chances de notre côté!
Voici le buck photographié à quelques mètres de la souille fraîche découverte lors du premier soir de chasse.
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Une seule ombre plane sur notre séjour et nous n’avons aucun contrôle dessus. Contrairement aux jours précédents, la météo ne semble pas être partie pour être de notre côté pour toute la durée du séjour. Malheureusement ils annoncent des températures variant entre 16 degrés et 34 degrés celcius! Du jamais vu pour moi à la chasse à l’orignal. Le 16 degrés me décourage encore plus que le 34 car même les matins seront rapidement difficiles. Si je n’avais pas été en reportage accompagné d’un caméraman avec en plus quelqu’un à qui je voulais faire vivre l’expérience ultime de la chasse à l’orignal soit la récolte d’un buck sur le call, j’aurais joué probablement mes cartes différemment. Je décide quand même de m’en tenir à mon plan de match car je ne veux pas seulement faire récolter un orignal sur la luck à ma conjointe en arpentant en vtt les buchés! Je veux la totale!
En plus de la chaleur excessive, le séjour s’est déroulé pendant la pleine lune, ce qui a facilité les déplacements des orignaux de nuit.
Le lendemain matin, nous stationnons les VTT suffisamment loin de l’endroit où nous avons trouvé la souille et partons silencieusement vers notre station d’appels. Tout le monde se positionne aux endroits prévus et je débute mes appels. À peine quelques minutes après avoir débuté, le mâle nous répond mais il est positionné au seul endroit où il ne fallait pas car il a le vent pour lui. Il en faut plus que cela pour déjouer un mâle mature comme celui aperçu sur notre caméra! La température se réchauffe rapidement et malgré quelques réponses timides le mâle finit par cesser de dialoguer et vue sa position désavantageuse pour nous je ne veux pas insister et on quitte les lieux.
La température grimpe très rapidement au point où les chances d’intéresser un mâle à l’appel sont quasi nulles. On en profite pour prospecter le territoire à la recherche de signes frais et wow! Il y a définitivement du buck dans cette zone et les signes ne mentent pas! Durant tout le séjour, ce sont pas moins de 5 sites de traces évidentes de combat que nous avons trouvés dont un qui s’étendait sur près de 1 km. Du jamais vu pour moi mais selon mes observations ces combats ont eu lieu avant notre arrivée ou durant la nuit pour d’autres car la veille de notre passage il n’y avait aucune trace et le lendemain matin c’était fou! Malheureusement à la chasse, rien n’est jamais gagné d’avance et en plus Dame Nature ne nous fera pas de cadeau cette fois-ci!
Lors de ce reportage, l’auteur Louis Turbide et ses partenaires ont découvert pas moins de 5 sites de traces évidentes de combat entre mâles orignaux! Du jamais vu pour lui en plus de 30 ans de chasse à l’orignal!
Le lendemain matin, nous retournons près de la souille découverte en début de séjour. Je débute mes appels et encore une fois, le mâle me répond mais cette fois-ci il a le vent contre lui. Il progresse timidement vers nous mais à 4 quasi au même endroit ce n’est pas évident de tout contrôler. Alors que je me concentre à dialoguer avec lui, il passe derrière mes 3 comparses sans être visible et je présume qu’il a senti ou vu quelque chose qui ne lui a pas plu car les appels enivrants se transforment en silence total. Il a gagné encore une fois. Je me console en me disant qu’au moins on a de l’action malgré les conditions météorologiques dignes de la mi-juillet.
Pour ceux qui me connaissent, vous savez que je suis quelqu’un d’extrêmement positif et c’est dans cet esprit qu’on aborde chaque journée car comme je dis à mes partenaires, la chasse à l’orignal ça se joue en quelques minutes alors tant que ce n’est pas fini, il y a de l’espoir. Et quand il y a des signes évidents de la présence de mâles comme ce fut le cas dans cette zone, tout est possible.
Finalement, l’avant-dernier matin ressemble plus à un matin de chasse et je décide d’aller tenter notre chance dans un secteur où il y avait aussi pas mal de signes! Tout mon beau monde est positionné et j’anticipe une réponse à notre gauche selon la topographie du territoire mais c’est tout le contraire, le buck nous répond à notre droite et notre positionnement n’est pas optimal. Le mâle est totalement accroché et descend rapidement le bûché que l’on ne peut voir à cause d’une petite bande de bois impénétrable. Tout semble être sous contrôle quand une femelle que je n’ai pas entendu le rappelle à lui. Ne sachant pas qu’il y a une femelle avec lui, je ne tente pas de le provoquer et le couple prend rapidement la poudre d’escampette! Je suis tellement déçu car je sais qu’une telle occasion ne se reproduira probablement pas dans ce séjour et ce fut malheureusement le cas. L’orignal était rendu si près de nous que ma conjointe a même senti l’odeur typique d’un mâle en rut et elle l’a entendu tout au long de sa progression vers moi! Mince consolation!
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Malgré la chaleur exécrable tout au long du séjour, au moins 4 bucks ont répondu aux appels de l’auteur (A) et à une occasion la conjointe de l’auteur s’est mise en position de tir tellement elle a passé près de faire feu sur un mâle mature (B).
La chasse à l’orignal en réserve faunique est dans une classe à part et malgré que nous n’ayons pas récolté notre orignal je retournerais définitivement dans cette zone de la réserve faunique des Laurentides! L’orignal y est présent en grand nombre et n’eut été de la température anormalement élevée ma conjointe aurait apposé son coupon de transport sur son premier orignal à vie!
Les réserves fauniques demeurent l’endroit idéal pour initier quelqu’un à la chasse à l’orignal. Malgré que le groupe n’ait pas récolté, l’action et les signes découverts n’ont fait que faire émerger une passion pour la chasse à l’orignal chez la conjointe de l’auteur. À ce niveau, c’est mission accomplie!
Comme je le disais en début d’article, la chasse à l’orignal en réserve faunique est l’endroit idéal pour en apprendre le plus sur ce gibier ou pour initier quelqu’un. Malgré la température exécrable lors de notre séjour, nous sommes tout de même entrés en contact avec un orignal à 4 reprises dont deux fois avec le même! Il s’en est fallu vraiment de peu! Je vous laisse la dessus car je dois débuter mes analyses des secteurs en réserves fauniques qui m’intéressent pour la saison 2025! Bonne chance à tous pour le tirage à venir!
Résumé du séjour dans la réserve faunique des Laurentides.