CHRONIQUE

100% PASSIONNÉE

Par Marylin Soucy

À chacun son trophée !

Un trophée ne sera jamais pareil pour l’un ou pour l’autre. L’essentiel c’est qu’il fasse votre bonheur. En 2024, nous sommes bien loin de la chasse de subsistance. Nous chassons par passion, par plaisir, pour profiter de bonne viande biologique, pour nous dépasser et bien d’autres raisons encore. Elles sont toutes personnelles à chacun et chacune. Par contre, nous avons tous quelque chose en commun. Que ce soit le pêcheur qui rêve de prendre son plus gros maskinongé, le chasseur qui souhaite récolter un beau mâle mature ou bien encore une trappeuse comme moi qui souhaite encore attraper son premier lynx à vie. Nous avons tous une récolte qui nous fait un peu plus tripper.

Chaque année, je me lance de petits défis personnels. Non pas pour entretenir une certaine  compétition, mais bien parce que j’aime avoir un peu de challenge. Dans le cas du trappage, je ne trappe pas pour avoir un rendement monétaire à la fin. Certaines prises seront vendues, mais dans mon cas, la plupart sont conservées. Chacune a son histoire et j’adore me remémorer de bons souvenirs en les voyant accrochées à la maison.

Je parlais un peu plus haut du lynx, non pas parce que c’est une bête qui est difficile à prendre, bien au contraire, mais elle est plutôt rare dans mon coin, car c’est vraiment plus agricole. Rare passage donc ça augmente la difficulté d’une récolte. La journée où je vais en attraper un ici, c’est sûr et certain que je vais faire tanner la peau et conserver le crâne.

Tout récemment, j’ai attrapé un autre animal que je n’avais jamais piégé avant, une loutre (voir photo en ouverture). Encore là, assez commun comme animal. Présent dans presque toutes les rivières du Québec et pourtant, c’est la première que j’attrapais en 6 ans. Trappant presque uniquement les canidés, j’installe peu de pièges dans l’eau dans mes secteurs. Cependant, j’aide beaucoup de cultivateurs ici et là ou des municipalités, qui ont des problèmes de castors, rats musqués, ratons laveurs, moufettes, etc. Je trappe beaucoup avec des leurres olfactifs pour les attirer. Exemple: le castor est très territorial, donc habituellement il n’est pas difficile à attraper, aussitôt que j’ai fini de trapper, je retire mes pièges. 

Ça limite là aussi la possibilité de prendre d’autres bêtes aquatiques. Cette fois-ci, j’avais déjà quelques castors d’attrapés. Selon moi, presque toute la famille, mais comme c’est un endroit parfait pour le castor et qu’aucun aménagement n’est fait, de nouveaux castors arrivent chaque année et s’établissent. Sinon, s’ils ne sont pas tous attrapés la saison précédente, certains se déplacent et recommencent un peu plus loin. J’ai donc décidé de laisser mes pièges plus longtemps qu’à l’habitude même si je ne pensais pas reprendre un castor, je n’ai pas pris de chance. J’ai installé mon piège en X dans une sortie de petit ruisseau. Comme il m’est impossible de traverser le cours d’eau à cause de sa profondeur, j’ai donc maximisé les chances de tous les prendre sur la même berge et j’y ai installé plusieurs pièges. Première et deuxième visites, j’avais plusieurs castors.  À la troisième visite, j’ai eu la chance de découvrir une super grosse loutre qui m’attendait dans mon dernier piège. Ma première! Même après toutes ces années de trappage, j’ai toujours le même feeling pour une première prise. Je vous garantis qu’elle s’en vient à la maison elle aussi.

Capture inattendue d’une loutre par l’auteure.

Un autre beau trophée pour moi a été la récolte d’une oie blanche qui était porteuse d’un «neckband» comme on appelle couramment dans le milieu de la chasse. Il s’agit d’un collier de couleur que certaines oies ont autour du cou. Les bernaches en ont aussi, mais d’une autre couleur. Elles sont habituellement capturées dans leur milieu de nidification et un collier numéroté leur est installé au cou. C’est le même principe que les bagues que les oiseaux peuvent avoir autour d’une patte. Lorsque nous déclarons l’abattage d’un oiseau bagué ou avec collier, les scientifiques utilisent ces données dans les recherches menées sur les oiseaux migrateurs. Notez que tout oiseau capturé et relâché doit être bagué, donc même une corneille ou une tourterelle peut l’être. Les bagues sont beaucoup plus courantes que les colliers. Il y a aussi des colliers GPS, mais ceux-ci doivent être rendus.

Certificat reçu par l’auteure suite au retour d’une bague provenant d’une oie des neiges qu’elle a récoltée.

Le nôtre a été récolté lors d’une chasse mixte outarde/oie blanche durant l’automne. On avait beaucoup d’outardes lors de la prospection et un petit peu d’oies blanches. Lorsque les oies sont arrivées, aucun de nous deux n’avait constaté que l’oie portait un collier. Les oiseaux entrent au set-up, ça va vite! On regarde les oiseaux un peu, mais pas trop pour ne pas les effrayer. Vient le moment de tirer! Ça tombe, ça tombe! Il y avait une oie blessée un peu plus loin qui voulait s’envoler et au même moment où le coup est parti pour l’achever, nous avons tous les deux vu ce qu’elle avait au cou. Un beau petit collier tout jaune.  Comme on voit sur la photo, il a malheureusement été brisé. J’ai réussi à le recoller et je l’ai ensuite mis dans une petite vitrine où il ne pourra pas s’abimer davantage. 

A

Ajoutez le texte de votre infobulle ici

B

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C

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Chasse mixte, oie blanche et outarde (A), ayant permis à l’auteure de récolter une oie portant un collier qui fut brisé au moment de la récolte (B). Il est aussi possible de récolter des oiseaux portant des bagues (C).

Ça aussi ! C’est petit, ce n’est pas un panache et ça n’a aucun poil et pourtant c’est l’un de mes trophées les plus précieux. Bien sûr, il me restera encore de la place pour un beau gros buck orignal comme prochain trophée!  

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